December 12, 1989

De la vision à la législation

Grâce au soutien de législateurs clés, dont le sénateur George Mitchell du Maine et le représentant Silvio Conte du Massachusetts, la North American Wetland Conservation Act a été présentée et adoptée par les deux Chambres en 1989. Le président des États-Unis, George H.W. Bush, a signé la NAWCA le 13 décembre 1989 et s’est engagé à mettre en œuvre une politique fédérale visant à éviter toute perte nette de milieux humides, un engagement audacieux à mettre fin à la disparition rapide de ces écosystèmes vitaux sur tout le continent.

Fonctionnement de la NAWCA

La NAWCA, à titre de loi fédérale des États-Unis, autorise la prestation de subventions fédérales, administrées par le Fish and Wildlife Service des États-Unis, pour financer des projets qui protègent, restaurent et améliorent les milieux humides et les terrains élevés connexes aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Toutes les subventions exigent un financement de contrepartie de 1 pour 1 d’un partenaire non fédéral, ce qui catalyse la collaboration entre le secteur public et le secteur privé entre les États, les provinces, les tribus, les communautés autochtones, les organismes sans but lucratif, les propriétaires fonciers privés et les entreprises. Le Conseil nord-américain de conservation des milieux humides, composé de neuf membres, examine les propositions et accorde du financement deux fois par année, en priorisant les projets qui cadrent avec les objectifs du PNAGS relativement aux populations et aux habitats de la sauvagine.

Quatre décennies de retombées

L’efficacité de la NAWCA repose sur son effet multiplicateur : depuis 1991, plus de 2,28 milliards de dollars en subventions fédérales ont généré plus de 4,53 milliards de dollars en contributions de contrepartie, alimentant ainsi plus de 3 300 projets qui ont permis de conserver, de restaurer ou d’améliorer plus de 32,6 millions d’acres de milieux humides et d’habitats connexes en Amérique du Nord.

Il ne s’agit pas seulement de chiffres. Il s’agit d’un impact réel à l’échelle du paysage. Aux États-Unis seulement, la NAWCA a touché tous les États, permettant la préservation d’aires de reproduction dans la région des fondrières des Prairies, offrant des refuges d’hivernage le long de la côte du golfe du Mexique et des haltes dans la voie migratoire du Mississippi. Bien que la NAWCA soit une loi des États-Unis, son financement s’étend au-delà des frontières de ce pays pour appuyer les projets de conservation au Canada et au Mexique; elle a permis de financer la protection de la forêt boréale, la restauration des mangroves côtières et la conservation de milieux humides des hautes terres essentiels aux voies migratoires.

Pour la sauvagine et les espèces sauvages en général, la NAWCA revêt une énorme valeur. Elle a directement stimulé les populations de canards, d’oies et de cygnes grâce à la préservation des milieux humides dont ils dépendent pour la reproduction, la nidification, l’alimentation et la migration, renversant ainsi les déclins qui ont entraîné la création du PNAGS. Outre les oiseaux, ces projets profitent à plus de 700 autres espèces, des poissons aux amphibiens en passant par les mammifères comme l’orignal et la loutre, tout en permettant la filtration des polluants, la recharge des aquifères et le maintien de tampons naturels contre les inondations et les tempêtes. Sur le plan économique, ils soutiennent les secteurs de la chasse, de l’observation d’oiseaux et des loisirs de plein air, qui représentent des milliards de dollars par année, créant ainsi des emplois et améliorant la résilience des collectivités. Avec l’intensification des menaces comme l’élévation du niveau de la mer et la sécheresse découlant des changements climatiques, l’approche adaptative axée sur les partenariats de la NAWCA assure sa pertinence continue, les récents cycles de financement, comme les 102,9 millions de dollars approuvés en 2024, permettant de maintenir ce cap. Essentiellement, la NAWCA a transformé un plan visionnaire en des réalisations couronnées de succès, prouvant que des investissements ciblés et l’unité transfrontalière peuvent assurer un avenir prospère aux milieux humides de l’Amérique du Nord et à la faune qu’elles abritent.