June 1998

Un plan évoluant avec le paysage

En 1998, le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS) a franchi une étape importante avec sa mise à jour essentielle, Une vision élargie. S’appuyant sur l’accord initial conclu en 1986 entre le Canada et les États-Unis et sur l’inclusion du Mexique en tant que signataire en 1994, cette mise à jour a transformé le PNAGS en une stratégie véritablement d’envergure continentale. Elle tient compte de l’évolution rapide du paysage socioéconomique, établissant un lien entre la conservation de la sauvagine et les politiques plus générales sur la faune, l’économie et les intérêts internationaux.

De 1986 à 1997, les partenariats du PNAGS avaient déjà permis la conservation de plus de 5 millions d’acres de milieux humides et mobilisé des investissements de 1,5 milliard de dollars américains, ce qui a mené à une remarquable remontée des populations de canards, d’oies et de cygnes grâce à l’amélioration de l’habitat et à la création de conditions favorables. Ensuite, la mise à jour de 1998 a abordé des défis émergents comme l’urbanisation, les changements climatiques, la perte d’habitat attribuable à l’agriculture, la surabondance d’oies, les maladies et la prédation, tout en mettant l’accent sur la nécessité d’adopter des approches adaptatives fondées sur la science.

Trois piliers pour le 21e siècle

Essentiellement, la mise à jour décrit trois piliers établissant une vision pour guider la conservation au 21e siècle:

  • Consolider les fondements biologiques du Plan - En améliorant la surveillance, la recherche et l’évaluation afin d’établir des objectifs mesurables et d’intégrer les données à la planification.
  • Adopter une approche axée sur le paysage - En mettant l’accent sur la création de conditions durables dans les milieux humides, les prairies et les paysages marins, tout en influençant les politiques des secteurs agricole, forestier et commercial pour appuyer l’intendance communautaire.
  • Élargir les partenariats - En créant des alliances avec les gouvernements, les ONG, les communautés autochtones et les secteurs économiques, y compris avec les plans conjoints pour la protection des habitats et la gestion spécifique des espèces.

Établir des objectifs ambitieux pour les populations et les habitats

Les principaux objectifs comprenaient le rétablissement de la sauvagine aux niveaux des années 1970, par exemple 62 millions de canards nicheurs pour une volée automnale de 100 millions d’individus en conditions moyennes, mais des problèmes spécifiques étaient également abordés, comme le déclin des populations de figules et de Canard pillet, et la gestion de la surabondance d’Oies des neiges. Les cibles en matière d’habitat étaient ambitieuses : protéger 12,2 millions d’acres, en restaurer 5,5 millions et en améliorer 9,6 millions aux États-Unis, au Canada et au Mexique dans le cadre de plans conjoints régionaux comme les initiatives visant les cuvettes des Prairies et les oies de l’Arctique.

La vision continentale prend forme

Issue de vastes consultations, cette mise à jour a quadruplé les objectifs en matière d’habitat par rapport aux précédentes versions, en plus d’établir des liens avec des mesures d’envergure mondiale, comme la Convention de Ramsar et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), tout en veillant à ce que les besoins de la sauvagine soient intégrés dans des paysages durables. Elle est fondée sur une vision de l’Amérique du Nord où les citoyens participeraient activement à la conservation, ouvrant la voie à de futures mises à jour et à une biodiversité durable.